je poste un texte que j'ai écrit dans le cadre de " L'atelier d'écriture "
Voici la consigne (21 pour MIMI) :
RETROUVEZ LE SOUVENIR OU IMAGINEZ UNE PERCEPTION DU CORPS D'UN AUTRE...
qu'est ce que j'ai souffert à essayer d'écrire, 15 jours il m'a fallu !!!
c'est pas rigolo et un bond dans le temps
Sa chambre est au 7ème étage du mouroir perché sur une colline rocailleuse le long du fleuve.
Dans cette cellule aux murs gris vert écaillés qui n'ont plus été repeints depuis belle lurette, elle gît là inerte vivant ses derniers jours, enfin peut-on vivre ses derniers jours, je dirais plutôt agonise ses derniers jours.
Les mourants n'ont plus droit à une chambre décente, le peu d'argent dans les caisses est destiné aux jeunes, qui sont en nombre très restreints et qui doivent assurer la survie de l'espèce - espèce qui, ne vaudrait-il pas mieux disparaisse à jamais.
Branchée à deux énormes bonbonnes d'oxygène toutes rouillées et effrayantes, d'où sort un bruit, un sifflement étrange strident, qui vous agace et qui ajoute à la misère de cette fin de vie.
Elle est là couchée sur le dos dans ce petit lit minable, ses mains diaphanes attachées aux barreaux pour qu'elle ne puisse pas arracher les tuyaux, toute maigre, décharnée, le visage creusé, gris, ridé, chiffonné, qui n'a plus rien d'humain.
Elle qui a été si belle, si souriante, si tendre, j'ai tant aimé sautiller sur ses genoux dodus, lui sauter au cou, lui donner de gros bisous, tirer sa belle longue tresse argentée.
Quel spectacle cette fin de vie sur laquelle on s'acharne alors que déjà depuis plusieurs jours on aurait pu la laisser s'endormir pour toujours, quelle est cette société qui impose la souffrance inutile et dégradante, vestige d'une certaine culture, d'une époque soi-disant civilisée, qui n'a jamais été aussi barbare et cruelle et égoïste, période pendant laquelle on laissait les peuples mourir de faim.
Je voudrais tant pouvoir l'approcher, la toucher mais je ne peux pas, le dégoût m'envahit, l'odeur de mort, ce corps squelettique vêtu d'une chemise de nuit souillée pleine de taches d'urine, de matière fécale et de sang desséché, ce visage que je ne reconnais plus, ces tuyaux dégoûtants qui pénètrent dans ses narines écartées, dilatées d'où suinte un liquide jaunâtre purulent, ses cheveux qui ont été coupés vulgairement aux ciseaux, on ne va pas tout de même pas offrir un coiffeur à une personne qui va quitter ce monde, cette bouche tordue d'où s'échappe un râle et un filet de salive brunâtre.
Sa main bouge, ses doigts se lèvent légèrement, ses ongles verts jaunes ? D'une couleur indéfinissable, semblent vouloir dire quelque chose, je ne peux m'approcher pour lui saisir la main, quelque chose en moi m'en empêche, un hurlement horrible s'échappe et là voilà partie a tout jamais vers où ? Seul notre propre mort nous le dira !!!!
Je devrai vivre avec cette vision horrible et le sentiment de culpabilité de ne pas avoir su l'embrasser.
Pourquoi la mort nous offre-t-elle un si pénible spectacle ?

Mamy jeudi aprem

Je précise que le texte est une fiction quoique quand même surgie de souvenirs des derniers jours de ma bobonne à l'hôpital sous bonbonnes il y a bien 35 ans 
je sais c'est un peu long, j'ai moi même du mal avec les textes longs, un livre en ligne, c'est tout à fait exclu
ce n'est pas pour faire triste ce texte qu'on se le dise !!!
partie courses lessive beaucoup ce matin donc je poste tôt j'avais planifié mais je renonce